Le splendide masque de monstruosité

Le splendide masque de monstruosité

Par Muriel Giummarra

Sujet : Autre Categorie : Arts visuels (peinture, sculpture, tatouage…) Provenance : France

Description technique de l’oeuvre

Peinture sur toile (acrylique, bombe aussi) Dimensions: 46 X 55 cm

Description de l’oeuvre en lien avec la paix

Je cherchais à interpeller, prévenir et ouvrir le débat. Benjamin Netanyahou, à gauche, tient un discours officiel, posture rhétorique typique d’un chef d’État. Donald Trump, à droite, figé en statue dorée, représente la glorification du pouvoir, l’allié occidental qui soutient la scène par son silence et son poids symbolique. La poubelle de recyclage contient un bébé sans défense, métaphore centrale. Un enfant nu et affamé au sol, baignant dans le sang, rappelle les victimes réelles, invisibilisées par les discours. ♻️ La poubelle et la “Riviera de Gaza” Le symbole du recyclage n’est pas ici qu’un clin d’œil à l’écologie hypocrite : il représente le “recyclage narratif”, la reconstruction factice d’une zone détruite, présentée comme un projet de prospérité — alors qu’elle repose sur des ruines humaines et une guerre. Jeter un bébé palestinien dans une poubelle de recyclage illustre le cynisme de ce projet : on détruit des vies, puis on “recycle” le territoire, on le repeint en vert, on le markete comme une “nouvelle Riviera”. C’est une métaphore de la colonisation déguisée en reconstruction, du meurtre d’innocents justifié par un discours de modernité. Le fait que Netanyahou parle en accomplissant ce geste montre l’écart entre le discours politique policé et la réalité violente des actes. 🪙 Trump doré et l’Occident figé La statue dorée de Trump, brillante, monumentale, mais sans vie, incarne le soutien aveugle et intéressé de l’Occident, souvent fasciné par ses propres symboles de puissance. Elle est dorée comme une idole, mais son éclat masque l’absence d’âme. Son inaction traduit le silence complice ou la justification économique et politique d’un monde qui regarde ailleurs. L’enfant au sol L’enfant famélique et sale au pied de la statue contraste avec la richesse symbolique du pouvoir doré. Il représente les enfants de Gaza, laissés pour compte, victimes d’une politique qui se pare des habits du progrès. Le sang à ses pieds lie directement sa misère au geste du dirigeant : la chaîne de responsabilité est complète, du discours jusqu’au corps. La phrase : “Some are considered ‘great’ only because we only measure the pedestal.” (“Certains sont considérés comme ‘grands’ uniquement parce que nous mesurons le piédestal.”) Elle dénonce le culte de la grandeur politique qui se construit sur la souffrance des autres, mais que la société juge seulement par l’apparence — le “piédestal” de la réussite, du prestige diplomatique, ou du récit médiatique. L’œuvre est mon acte de rébellion, une dénonciation frontale : du double discours politique entre rhétorique humaniste et violence concrète, du blanchiment d’image à travers des projets comme la “Riviera de Gaza”, de la hiérarchie des vies humaines (certains dorés, d’autres jetés). Le contraste entre les couleurs vives, séduisantes presque agressives (rose, doré, vert) et le contenu tragique (sang, mort, faim) renforce ce message : le beau cache le crime.

À propos de Muriel Giummarra

Le splendide masque de monstruosité